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Mohamed Merah : La grande MANIPULATION

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Mohamed Merah : fruit vénéneux des terroristes du verbe !

Dès que la tuerie de l’école juive Ozar Hatorah perpétrée à Toulouse le 19 mars 2012 a fait sensation, l’émotion médiatique s’est déployée selon les normes de l’événement : pudeur choquée, compassion larmoyante, protestations de retenue…

Chaque personnalité politique s’est précipitée à la télévision pour dire qu’elle n’exploiterait pas le drame à des fins électorales. Beaucoup se sont empressés de procéder au remplacement du signe juif par son universalisation : « c’est la République qui est visée », « il faut lutter contre le racisme », « ce sont nos enfants qu’on assassine »…

Discours de l’occultation

Le corollaire de cette dépolitisation instantanée a été une rhétorique d’obscurcissement : les appels à « lutter contre les amalgames », à éviter «  la stigmatisation de l’islam », à se méfier des « récupérations politiques » ou à ne pas céder à « des discours de haine » ont fait dériver le discours vers la prescription politique pour empêcher toute analyse factuelle.

Les deux cibles de Mohamed Merah ont pourtant valeur de discours et sont d’une redoutable clarté :des militaires parce que la France est, officiellement, en lutte contre l’islamisme et des Juifs parce que l’islam s’érige depuis son origine contre les Juifs.

Très rapidement, un discours d’excuse s’est mis en place. On a dit que la France était coupable de ne pas intégrer « ses » immigrés. L’excuse sociologique est une véritable insulte envers tous ceux qui, partageant les mêmes origines sociales et culturelles, ne deviennent ni islamistes, ni terroristes. Cette excuse retourne également la causalité, faisant de la France la responsable du jihad et des Talibans…

Aller chercher ailleurs que dans le jihad les causes du jihad ressemble fort à une technique de diversion rhétorique consistant d’emblée à exonérer l’islam du moindre rapport avec l’islamisme. C’est pourtant l’occasion de porter dans le débat public la place du religieux dans notre société, censément laïque mais où l’islam impose de manière grandissante ses propres problématiques. De fait, les débats sur le voile ou la nourriture halal n’ont pas leurs sources dans le catholicisme ou le judaïsme, qui se trouvent pourtant toujours enrôlés dans des comparaisons d’un œcuménisme douteux.

De tels encouragements à ne pas incriminer l’islam obscurcissent délibérément l’analyse. Il conviendrait donc de ne pas se demander pourquoi le fondamentalisme musulman assassine plus particulièrement des Juifs. Il faudrait — par « pudeur » et « dignité », ces mots-cachettes de la lâcheté électoraliste — ne tirer aucune conclusion politique face au terrorisme islamique et à la présence en France de militants prêts à passer à l’action armée.

Il faudrait au contraire dénoncer ceux qui dénoncent les progrès d’un islam revendicatif en France —les fauteurs de troubles seraient donc ceux qui luttent contre l’islamisme. Il faudrait ne pas faire de parallèle entre cette tuerie et les slogans que l’on entend depuis des mois et des années criant « mort aux Juifs » à chaque manifestation anti-israélienne.

Il faudrait détourner pudiquement le regard des rues et des mosquées où se développent les discours de guerre anti-Français et anti-Juifs.

Il faudrait également ne pas se demander pourquoi les représentants de l’islam, qu’on ne cesse de présenter comme « modérés », ne font pas de la lutte contre l’islamisme une priorité si cette assimilation leur est intolérable.

Il reste étonnant que l’UOIF — avec la permission de l’état français qui accorde des visas — invite des personnalités comme le Cheikh Yussuf Al-Qaradawi, qui est favorable au meurtre des homosexuels, à la violence contre les femmes et aux attentats contre les civils et qui admire la punition infligée par Hitler aux Juifs…

Il est également troublant de constater que personne ne rappelle à quel point le discours institutionnel du monde arabo-musulman, diffusé internationalement, est fondamentalement antisémite et anti-occidental.

Au lieu de cela, on passe en boucle une déclaration hypocrite du ministre de l’Autorité Palestinienne Salam Fayyad condamnant les assassinats de Montauban et Toulouse alors que l’AP ne cesse d’encourager au terrorisme…

La confusion Juif / Israélien

Je n’ai eu de cesse dans divers articles et dans un livre de décrire l’accumulation écœurante des représentations anti-israéliennes, la stigmatisation exagérée, illégitime et irrationnelle d’Israël.L’amalgame Juif / Israélien est une donnée permanente de ces discours.

A cet égard, l’antisionisme est un antisémitisme et n’a rien à voir avec une juste critique politique parce que, précisément, il se focalise sur le seul état juif de la planète avec une mauvaise foi perverse.

Les journalistes, politiciens et intellectuels aveuglement pro-palestiniens, en tant que cautions morales pseudo-humanistes du terrorisme, sont coupables d’incitation à la haine.On est bien forcé de constater que ceux qui ont répandu si complaisamment leurs diatribes anti-israéliennes mensongères sont moralement responsables de la diffusion d’une haine anti-juive qui s’est concrétisée par le meurtre.

La désinformation anti-israélienne épouse depuis des années la phraséologie jihadiste qui ne fait aucune différence entre Juifs et Israéliens et considère l’ensemble d’Israël comme un objectif de conquête. C’est ce qu’a résumé Mohamed Merah dans son appel téléphonique à France 24 : « Les juifs ont tué nos frères et nos sœurs en Palestine ».

Cette revendication est l’exact pendant de l’indignation de Stéphane Hessel et son élégiaque incantation s’attendrissant devant les « enfants innombrables et rieurs » de Gaza, le pendant des attaques disproportionnées de Catherine Ashton qui a immédiatement fait un parallèle victimaire entre Toulouse et Gaza…

La désinformation et le retournement causal

Mohamed Merah n’est pas un déséquilibré, c’est un terroriste, quelqu’un capable de tuer des enfants pour des raisons idéologiques.

Or, ses justifications idéologiques sont celles que l’on retrouve dans de nombreux reportages télévisés (comme l’emblématique « Un état palestinien est-il encore possible ? », dans Un oeil sur la Planète ), dans les prises de positions politiques (le rapport totalement biaisé remis par M. Glavany sur un prétendu apartheid de l’eau qui serait pratiqué par Israël ), dans les appels au boycott de Stéphane Hessel…

Cet environnement de désinformation permanente s’est illustré récemment, avec un tweet accusant Israël d’avoir tué une fillette le 11 mars : la photo qui l’illustrait concernait en fait un accident de voiture datant de 2006. La personne qui a propagé cette fausse information — reprise et diffusée par les agences de presse sans contrôle — était employée par l’ONU comme « coordinatrice de l’information et des médias dans les Territoires palestiniens occupés », ce qui laisse sans voix. Le 14 mars, Adham Abu Salmi, porte-parole du ministère de la Santé de Gaza, propage une information (obligeamment diffusée par l’Associated Press) accusant un tir israélien d’avoir tué un enfant de 8 ans, Barka al-Mugrahbi. Or, il n’y a eu aucune frappe israélienne dans la région : l’enfant est en réalité décédé suite à des tirs palestiniens lors de funérailles. Ce flot incessant de fausses informations, dont le démenti ne reçoit jamais le même écho — ce qui en soit est la preuve d’une stratégie de diffusion de mensonges et ne paraît pas rendre les journalistes plus prudents tant ils semblent pressés de porter crédit aux fausses nouvelles — conditionne à la haine d’Israël et, par assimilation, à la haine des Juifs.

Les accusations frénétiquement unilatérales envers Israël — qui créent de toutes pièces des massacres de Palestiniens imaginaires (Gaza, Jénine…), qui recyclent mécaniquement leurs formules fallacieuses (« Gaza, prison à ciel ouvert »…), qui pointent la moindre construction de maison juive comme une violence assassinant tout un peuple — ont construit un monumental retournement de la causalité pour faire d’Israël l’origine du Mal.

On ne manque pas d’entendre, sous diverses formes plus ou moins diplomatiques, que c’est la politique d’Israël qui est la cause de tout. Par quel raccourci idéologique peut-on tenir Israël pour responsable de l’existence du jihad ? Le jihad, inscrit dans les textes fondateurs de l’islam, est justement la haine de l’Infidèle. Trouver une justification politique à cette haine est simplement monstrueux. Les militaires français luttant contre les Talibans en Afghanistan ont été les premiers visés : sera-ce encore la faute d’Israël ?

Hypocrisie et manichéisme

A vrai dire, le choc n’a saisi les médias que dans la mesure où les meurtres ont eu lieu en France. Ces assassinats, quand ils ont lieu en Israël ou dans les « territoires », sont toujours excusés par ces mêmes journalistes larmoyants et accusant les enfants de 3 mois d’être des colons.

La saturation de termes péjoratifs (« colonisation », « apartheid »…) qui sont sans rapport avec la situation politique réelle, la présentation systématiquement négatives des actes de défense d’Israël, les appels au boycott et le martellement médiatique ont abouti dans les consciences a une équivalence entre Israël et le Mal.

Parallèlement s’est développé une intense activité de légitimation du terrorisme islamique. Choisissant de ne pas voir que les civils tués à Gaza l’étaient parce qu’ils servaient de boucliers humains aux combattants du jihad occupés à lancer des roquettes sur les villes israéliennes, certains politiciens d’extrême-gauche et certains militants européens portant fièrement le keffieh des terroristes ont tenté d’imposer des réflexes intellectuels anti-israéliens. J’ai déjà décrit comment excuser le terrorisme pour de pseudo-raisons politiques revenait à délivrer un permis de tuer des Juifs. Mohamed Merah a démontré par ses actes ce mécanisme et cette équivalence profonde dans certaines consciences entre Juifs et Israéliens, entre civils et militaires.

Pourquoi s’étonner et se scandaliser aujourd’hui que l’on tue des enfants ?

Personne n’a eu la moindre compassion pour les enfants de la famille Fogel égorgés à Itamar l’an passé. Au contraire, les médias et les intellectuels d’extrême-gauche passent leur temps à trouver des excuses idéologiques à tous ces assassins. Certains vont même jusqu’à diffuser de faux reportages montrant des enfants palestiniens assassinés, incitant ainsi à pratiquer une loi du Talion dépravée et sanguinaire.

Pourquoi les médias ne montrent-ils pas les enfants soldats enrôlés par la cause palestinienne et qui brandissent des armes en promettant avec obéissance de tuer du Juif ?

Pourquoi diffuse-t-on plutôt des reportages, plus ou moins bidonnés, sur la souffrance palestinienne, sans voir que ces territoires sont gangrenés par l’antisémitisme le plus sauvage, le jihad, la corruption ?

Les politiciens qui représentent ces opinions et soutiennent volontiers les mouvements terroristes sur le sol d’Israël, ne voient aucune contradiction entre leurs larmes médiatiques et l’agressivité anti-juive qu’ils propagent sans cesse.

Certains auraient même préféré — et ils l’ont dit ! — que le coupable fût un néo-nazi. Outre que le terrorisme néo-nazi est quasiment inexistant, contrairement au terrorisme jihadiste omniprésent sur la planète, ce réflexe trahit la volonté d’adhésion à une vision du monde simpliste et polarisée, au manichéisme figé, où le Mal est toujours le même et reste identifiable à un pôle idéologique honni.

Cela signifie que certains sont prêts à nier l’importance du jihadisme pour que la réalité corresponde à leurs désirs politiques. Par convenance idéologique, ils auront donc l’hypocrisie systématique de minorer l’antisémitisme d’origine musulmane.

Ceux qui tiennent des discours de mauvaise foi — masquant bien mal leurs intérêts idéologiques — réécriront l’histoire comme ils ont l’habitude de le faire.

De fait, ce sont les beaux discours qui rendent possible l’embrigadement des naïfs. Mohamed Merah avait sans doute été recruté par de beaux parleurs. Car en matière d’horreur guerrière et religieuse, tout commence toujours par la séduction des mots.

L’électoralisme n’est pas sans lâcheté

par Jean Szlamowicz,

Linguiste, traducteur et maître de conférences à l’Université de Paris-Sorbonne, Jean Szlamowicz est l’auteur de Détrompez-vous ! Les étranges indignations de Stéphane Hessel décryptées (Editions Intervalles).

1 - Sur France 2, le 3 octobre 2011. On pense aussi au célèbre reportage accusant Israël du prétendu meurtre de Mohamed Al-Dura, devenu l’emblème du blood libel et dont les images ont servi d’appel à la violence anti-israélienne dans l’ensemble du monde arabe.

2 - Certains membres de cette mission d’information parlementaire sur la géopolitique de l’eau se sont désolidarisés du contenu de ce rapport. On pourra lire le communiqué de Jean-Pierre Bensimon pour Alliance France-Israël (« 6ème forum mondial de l’eau le 12 mars 2012 relever le défi de l’eau au Proche-Orient développement durable et coopération, oui ; victimisation et réquisitoires, non ! »). Lire aussi : « Gestion israélienne de l’eau : une réponse aux falsificateurs » (Un autre regard sur le Proche-Orient N° 5 Janvier 2012, Alliance France-Israël), adapté de l’intervention de l’hydrologue Haim Gvirtzman (The Israeli-Palestinian Water Conflict : An Israeli Perspective, Janvier 2012). On lira aussi la réponse de Tsahal sur son blog (« “La Géopolitique de l’Eau” : L’armée israélienne dénonce le rapport diffamatoire de l’Assemblée Nationale »).

Publié le 26/03/2012 sur http://www.jforum.fr

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